Evariste-Vital_Luminais_-_Combat_de_Roma

Evariste-Vital Luminais

(1821 -1896)

combat entre 

Gaulois et Romains 

Historique des six premiers mois de l'année -52 de la ruse de César dans les Cévennes jusqu'à son arrivée devant Gergovie via Avaricum. 

BD Gergovie_couverture

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pour voir la BD

Ce que vous allez découvrir sur ce site découle de la confection de l'album "Gergovie", album commencé avec l'étude du texte de César. Ouvrage qui suit les six premiers mois des itinéraires des armées gauloises et romaines.

 

Très vite il est apparu pour faire l'album "Gergovie" qu'il nous fallait proposer à la communauté scientifique une méthode d’interprétation du texte du général romain :

Ce que nous avons désigné dans l'ouvrage par : Avant - propos

Une fois d'accord sur la méthodologie, il restait aux auteurs d'être rigoureux sur : 

C


Le traitement Archéologique de l'ouvrage et l'exploitation des dernières découvertes sur les sites archéologiques :
- La porte sud de la cité gauloise de Gergovie et la topographie du terrain.
- L'hémicycle, le sanctuaire, la taverne de la cité gauloise de Corent.
-La grande porte, les remparts, le quartier artisanal de la cité gauloise de Gondole.
- L'oppidum de Jastres et les autres lieux.

 

D'étudier d'autres sciences et spécialités

(géographie, topographie, poliorcétique, archéométrie et archéologie expérimentale, stratégie militaire, moyen et vitesse de locomotion, etc...)

Cet ouvrage est donc le résultat de nos rencontres où échanges avec :

les archéologues, les historiens, 

les universitaires spécialistes des machines de guerre romaines, et de l’archerie de la Guerre des Gaules,  

les spécialistes équestres et archéo-reconstitueur

 

Ainsi plusieurs machines ont été étudiées pour traiter au mieux le siège d'Avaricum : 
Scorpions, Balistes, Tortues (de terrassiers ou fortin ), Tours de siège, Rampes,  Faux...
Le fonctionnement, le poids des machines, tout a été passé au crible.

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ci contre pour lire

l'avant-propos

C'est facile.

Si  vous ne connaissez pas le texte de César vous pouvez passer cette consultation. A nos lecteurs nous conseillons de lire cet avant-propos, juste après la BD elle-même.

L'historique ... Des Cévennes à Cenabum

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La réunion des chefs Gaulois est donnée par beaucoup comme ayant eu lieu en Pays carnute sans que cela soit vraiment indiqué par César. C'est sans doute vraisemblable, elle survint en novembre ou début décembre après l'exécution du chef sénon Acco.

Les premiers citoyens romains furent massacrés à Cenabum (Orléans) courant décembre.

Sans doute désigné chef de la coalition dès ce moment, accompagné par Commios et Luctérios, Vercingétorix retrouve rapidement sa légitimité en Auvergne. (vers la mi janvier)

Luctérios menace la Provincia Romaine au moment même où César arrive à Arelate (début février) et se dirige vers Narbo-Martius (Narbonne).

Légendes

En Bleu itinéraire de Vercingétorix

En Jaune : itinéraire des autres chefs Gaulois

En Rouge : itinéraire de Jules César

En Mauve : une partie de la cavalerie romaine remonte sur Vienna.

César arrive dans la vallé duRhône - printemps -52
massacre des Romains à Cenabum

Ayant sécurisé la Provincia, César remontant au plus vite vers le Nord, va tenter un coup de bluff.

Pour empêcher Vercingétorix de retourner les Eduens, il fait croire à une remontée des deux légions qui l'accompagne au sud du pays arverne en franchissant les Cévennes. (après la mi-février)

Il laisse bientôt le jeune Brutus en leurre. Peu avant la fin février, Vercingétorix rentre vers son pays, tandis que César remonte la vallée de la Saône.

Luctérios a sans doute éventé partiellement la ruse de César, en effet Brutus quitte le pays vellave trois jours après César. Luctérios remonte au plus vite vers Vercingétorix.

Début mars, César est plus au nord que Vercingétorix, même s'il y a plusieurs kilomètre entre les deux armées, c'est l'un des moment clef de l'année -52... César est passé.

 

Ensemble, Vercingétorix et ses alliés assiègent Gorgobina, qui coupe le chemin vers les Eduens.

Pour chacun des protagonistes, c'est le statut quo. En effet, si les gaulois prennent Gorgobina, la voie vers le pays éduen est ouverte et César sera obligé d'y redescendre. 

De son côté, César attend, à Agendicum,  entre le 15 et le 30 mars, ses légions du Nord commandées par Labienus... 

Début avril, les Gaulois sont encore devant Gorgobina quand ils apprennent que le général romain marche sur le pays biturige...

Pendant ce temps, César s'empare de Cenabum.

Les Gaulois sont trop loin, la cavalerie envoyée en avant garde se dirige alors vers Noviodunum, mais les premières légions y sont déjà arrivées.

Guerre des Gaules : Vercingétorix devant Gorgobina
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Prise de Cenabum par César
les Romains devant Vellaunodunum

Vercingétorix assiège Gorgobina...

César s'empare de Cenabum...

Légendes

En Bleu itinéraire de Vercingétorix

En Jaune : itinéraire des autres chefs Gaulois

Lustérios et cavalerie gauloise

En Rouge : itinéraire de Jules César

En Mauve : les  légions romaines qui rejoignent César.

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une première vidéo

Itinéraires des armées romaines et gauloises...

Durée 3mn45 , c'est une version

courte des "Itinéraires" qui est

développée dans la vidéo 

icone sous la troisième carte de la page.

A noter que Lugdunum porté sur les cartes des vidéos n'existe pas à cette époque.

Noviodunum murus gallicus_Vestige de la Guerre des Gaules, le mur gaulois de Neung sur Beuvron.
Neung sur Beuvron _ Noviodunum.jpg

Vestiges du murus gallicus de Noviodunum

Neung sur Beuvron

Il est temps de faire connaissance avec les principaux protagonistes...

Si les personnages de Vercingétorix et de Jules César sont connus dans l'imagerie populaire,

on connait moins les personnages importants qui les servirent et qui apparaissent dans l'album.

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COMMIOS 

Il sert César à partir de l’année - 57, après la victoire des Romains sur les Atrébates (Liv II §23), et aurait été un fidèle lieutenant du général romain dans sa campagne en Bretagne (Albion - Grande-Bretagne) en - 55 (liv IV §21, Liv VII §76). César le décrit comme un homme dont le courage et l’intelligence sont connus (liv IV §21). Il change de camp après le génocide des Romains contre les Eburons. Présent à Alésia, il échappe, comme Luctérios, au général Romain. On le retrouve encore face à César en - 51 (Livre VIII § 6). César nous indique pour terminer que «Commios avait résolu de ne jamais paraître devant un Romain», et c’est bien ce qui se passera. Commios trompe une nouvelle fois la vigilance de César, comme le rapporte le général romain Frontin dans ses «Stratagèmes», rédigés dans les années 80-90 après JC (Liv II §13), en faisant passer tout son peuple en Bretagne.

Commios aurait été blessé à la tête par les hommes de Labienus nous informe César, d'où la cicatrice sur son visage.

LABIENUS (Titus) 

Principal adjoint de César, légat propréteur, il sert César pendant huit années durant la Guerre des Gaules, il défait les Trévires en 54 av. J.-C…

Son expédition contre Lutèce en 52 et sa victoire sur Camulogène sont des succès alors que César est défait devant Gergovie au même moment. Il sert César pendant huit années durant la Guerre des Gaules, son action lors de la bataille d’Alésia est déterminante.

Il prend la parti de Pompée et des républicains dès le début de la guerre civile, reprochant à César son ingratitude. Il trouve la mort en 45 av. J.-C. lors de la bataille de Munda en Espagne.

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Labienus

Pour l’album, nous avons choisi de prendre le buste de son fils Quintus.

monnaie à l'effigie de Luctérios

 Luctérios

Nous sommes partis d'une pièce à son effigie pour créer son personnage...

un homme au front dégarni.

LUCTERIOS 

est le troisième personnage gaulois important de l'ouvrage. Il apparaît dans les écrits de César et de  son continuateur près de 10 fois. Présent à Alésia, il échappe aux Romains Ce sera également le dernier résistant gaulois à César, l'année suivante (51 av. J.-C.), à Uxellodunum. 

En 51, il réussit de nouveau au général romain mais il est capturé par un chf gaulois félon qui le remettra à César. 

C'est lui que désigne César comme l'instigateur des menaces sur la Provincia :

« Cependant le Cadurque Luctérios, envoyé chez les Rutènes, les attire au parti des Arvernes, va de là chez les Nitiobroges et les Gabales, qui lui donnent les uns et les autres des otages ; puis, à la tête d'une nombreuse armée, il marche pour envahir la Province du côté de Narbonne.»

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BRUTUS 

C'est le premier personnage romain qui apparaît au côté de César en ce début d'année 52.

Il a déjà participé à une campagne de César en Armorique et l'accompagne, de nouveau, en Gaule.

Il participe au siège d'Alésia. Pendant la guerre civile, il rejoint Pompée. César lui pardonna. En 44, il participa à l'assassinat de César. Il meurt, deux ans plus tard, poursuivi par Marc Antoine.

L'historique (suite) ... De Noviodunum à Decetia via Avaricum

Dans les premiers jours d'avril, les premières légions entrent dans Noviodunum (Neung sur Beuvron) quand la cavalerie gauloise arrive. Les premières légions sur place sont bousculées, mais les auxiliaires germains rétablissent la situation pour les Romains.

C'est la première confrontation directe entre les deux armées.

Les Romains reprennent leur marche vers Avaricum. A partir de ce moment les Gaulois vont pratiquer la tactique de la terre brûlée. 

Les Romains reprennent leur chemin et viennent mettre le siège devant Avaricum (Bourges), la capitale des Bituriges vers le 10 avril. Ils seront ainsi fixés à cet endroit pendant près d'un mois. 

La stratégie mise en place par les Gaulois semble payer. Les fourrageurs romains envoyés par César dans la campgne environnante vont, de jour en jour, de plus en plus loin pour chercher fourrage pour les animaux et nourriture pour les hommes et subissent des pertes. Vercingétorix dresse même un camp tout près d'Avaricum (Bello Gallico liv 7-18).

César part donc dans la nuit pour arriver à l'aube face à la zone de campement du chef gaulois...

Si en rase campagne les Romains savent se déployer il n'en est rien dans les marécages... César doit renoncer (sans doute a-t-il subit des pertes ?).

Pendant ce temps, Ollovico, roi des Nitiobroges envoie un corps d'armée mené par son fils Teutomatos. 

Malgré la famine le siège se poursuit (voir la vidéo ci dessous pour détail) et vers le 10 mai, Avaricum tombe.

 

Légendes

En Bleu itinéraire de Vercingétorix

En Jaune : itinéraire des autres chefs Gaulois

traits pointillés, un missionnaire vers les Aulerques

trait plein,  la cavalerie gauloise puis plus tard le contingent des Nitiobroges 

En Rouge : itinéraire de Jules César

En Mauve : les  légions romaines qui rejoignent César.

la cavalerie des Germains au secours des légions romaines
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attaque romaine avortée sur le camp de Vercingétorix non loin d'Avaricum.
siège d'Avaricum

Il y a lieu ici, de se poser une interrogation sur le texte de César (voir textes du Bello Gallico en fin d'article). En effet si les Gaulois pratiquent la terre brûlée, rien ne dit que l'idée de ne pas brûler Avaricum, n'est pas stratégique, Avaricum n'est qu'à un où deux jours de marche de Noviodunum, trop peux pour affamer César. Avaricum brûlée, les Romains auraient atteint le pays des Eduens trop vite pour être affamés. Par contre fixer les légions plusieurs semaines devant la ville, alors que des renforts approchent, devaient permettre, pour les Gaulois, de battre facilement les légions affaiblies de César.

En images

notre vidéo :

De la Provincia

Jusqu'à Gergovie

via Avaricum

Cliquez sur l'icone ci-contre

video Avaricum jusqu'à Gergovie

Infos

cette vidéo 12 mn10 reprend

la video "itinéraires" présentée auparavant

A noter que Lugdunum porté sur les cartes des vidéos n'existe pas à cette époque.

Ponts levis où pas ?

Le siège d'AVARICUM

deux façons d'observer cette image

globalement agrandie cliquez ci-dessus.

En voir des détails cliquez ci-dessous

" César campa devant la ville du côté où les cours d’eau et les marais laissaient, comme nous l’avons dit, un étroit passage, et il entreprit de construire une terrasse, de faire avancer des mantelets, d’élever deux tours ; car la nature du terrain interdisait la circonvallation..." BG, livVII-17

POLIORCETIQUE, MACHINES DE SIÈGES ...

Il ne nous appartient pas ici d'entrer dans le détail, pour toute info supplémentaire consulter l'université de Caen (ERLIS et CIREVE)

Les tortues de terrassiers

Informations communiquées par Monsieur Sammour, études d'après le traité d'architecture de Vitruve

Des mules sont attachées sur les deux bras qui sont à l'extérieur de la tortue, on a donc entre 2 et 3 mules de chaque coté des 2 bras soit entre 8 à 12 mules par tortue. 

machine de siège romaine, tortue de terrassiers au siège d'Avaricum

Pour construire la terrasse, des tortues sont affectées au transport de terre, d'autres au transport de poutres en bois.  

Sauf au début de la construction de la terrasse, ou les légionnaires doivent déverser de la terre directement avec des paniers, sans doute

à l'abri derrière

des mantelets

mantelet B copie.png

Caractéristiques de la

Tortue Terrassier :

base environ 6,22 m x 6,22 m.

La distance entre les poutres de l'ordre de 1,20 m.

diamètre des roues environ 1,2 m. 

Le poids varie en fonction des essences d'arbres utilisés :

+ de 29 T en chêne

près de 16,5 T en palmier 

siège d'Avaricum, début de construction de la erampe romaine.
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Harnachement possible des

mules (ou boeufs)

Etudes expérimentales "Les harnais des attelages gallo-romains"

Franck David

expert fédéral de la Fédération Française d'Equitation

Ensuite les tortues sont remplies de terre toujours au moyen de paniers. La terrasse est construite par couches.

La couche de terre est déposé à partir du camp romain et s'approche de la cité à prendre au fur et à mesure du déversement de la terre par les tortues.

La terre est déversée entre les poutrelles de bois jusqu'à les recouvrir, elle est fortement damée, avant l'avancement de la tortue, par des légionnaires protégés par des mantelets et par la tortue Fortin (voir ci-après).

La couche de terre uniformément damée, les allers et retours des tortues tassent plus ou moins la terre, et des légionnaires sont affectés au rebouchage des trous. Un première tortue chargée de poutres se place en extrémité, coté cité à prendre, et dépose les bois positionnés dans les deux sens, (formant une alvéole qui sera à boucher) au droits des bois de la couche précédente. Ces poutres sont croisées et reliées entre elles et à la couche précédente de bois par de longs tirant en fer. Cette tortue décharge en revenant vers le camp romain.

 

La terrasse est suffisamment large pour permettre au moins à 4 voir même 5 tortues d'être de front. 

Au sol avec les animaux de traction et leurs protections, la tortue balaye une largeur de près de 12 m.

Dans le cas d'Avaricum César nous indique les dimensions : près de 90 m de large pour 24 m de hauteur. 

 

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Rampe romaine marseille.jpg

Rampe romaine de Marseille

Les tortues fortins

Caractéristiques de la

Tortue fortin :

base environ 6,22 m x 6,22 m.

un niveau haut sur plancher

diamètre des roues environ 1,2 m. 

Le poids varie en fonction des essences d'arbres utilisés :

+ de 34 T en chêne

près de 19 T en palmier 

Informations communiquées par Monsieur Sammour, études d'après le traité d'architecture de Vitruve

Vitruve

(vers 100-90 à 20 avant notre ère).

A été un des ingénieurs de César, sans qu'on sache exactement à quelle période

les deux hommes se rencontrent.

les machines de siège devant Avaricum

Une tortue fortin au côté d'une tour de siège. Pour la Bande Dessinée, nous avons raccourci la hauteur des tours pour le siège d'Avaricum, 

ces machines été conçues bien avant le traité d'Apollodore de Damas étant peut-être moins stables.

Les tours

Informations communiquées par

Monsieur Sammour, études d'après

"les Poliorcétiques d'Apollodore de Damas"

   

Caractéristiques de la tour 

Dimensions

base environ 4,74 m x 4,74 m.

(les poutres de base font 16 pieds romains)

écart entre les niveaux près de 2,9 m

(longueur poutre entretoise  9 pieds + épaisseur de la poutre qui supporte le plancher).

hauteur de la tour telle que 

configurée ci-contre : env 12 m

Le poids varie en fonction

des essences d'arbres utilisés :

+ de 34 T en chêne

près de 19 T en palmier 

Les roues sont d'un petit diamètre

(environ 70 cm)

Apollodore de Damas

(50 à 130 après J.-C).

rédige ses poliorcétiques à la vie de sa vie 

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Pour être stable, les tours ont besoin d'être

arrimées.

Les faux

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Pour en finir avec les images d'Epinal 

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Schéma tiré des poliorcétiques d'Apollodore

de Damas, traité rédigé quelque 170 ans après la prise d'Avaricum...

Dans les Poliorcétiques d’Appollodore de Damas, des ponts «volants» sont "constitués par deux poutres qu’on bascule, puis par des échelles que l’on garnit de nattes munies de cordes formées de petits branchages qui sont déroulées". Alors que dire pour l’époque de César 150 ans auparavant ?

Machines de guerre gauloises.

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poliorcétique romaine

César nous apprend que les Gaulois avaient également des machines. "Ils détournaient nos faux avec des lacets, et lorsqu'ils les avaient saisies, ils les attiraient à eux avec des machines." ( BG, liv.VII-22)

treuil gaulois .png

Après Avaricum, César se rend à Decetia, l'armée romaine se coupe en deux. 

Après quelques jours de repos, César part rejoindre Decetia (Décize), lorsqu'un imprévu l'oblige à se séparer de Labienus vers le 20 mai...

Avec la moitié de son armée; il poursuit alors Vercingétorix en pays arverne...

Ce déplacement imprévu de César qui doit arbitrer un conflit chez ses alliés éduens est un tournant surtout que simultanément César doit se séparer d'une partie de ses légions commandée par Labienus, son adjoint qui partent vers Lutèce étouffer une révolte qui survient à bon escient chez les Gaulois... Hasard des choses, où coup magistralement orchestré par les Gaulois pour réduire l'effectif des Romains... 

D'autant plus que les Nitiobroges ont fait leur jonction avec Vercingétorix.

Je suis un paragraphe. Cliquez ici pour ajouter votre propre texte et me modifier. C'est facile.

Malheureusement par sa précision seul le texte de César est arrivé à la postérité...

Cependant il est plausible que les Gaulois aient eut cette intuition, et que Commios, l'Atrébate apparenté aux Bellovaques puisse avoir joué un rôle

dans ce plan. Il est absent à Gergovie, mais on le retrouve quelques semaines plus tard à Alésia.

(les autres textes antiques sont plus tardifs et survolent superficiellement la guerre des gaules - voir en bas de page)

video_Commios Luctérios

Commios 

Luctérios

cliquez sur l'image

pous voir la video

Après Decetia, César poursuit Vercingétorix vers Gergovie

L'historique de la bataille de Gergovie fait l'objet d'un onglet à part  

Cliquer sur l'iconne ci dessous pour y accèder.

Couverture-Gergovie-portesudbandeau.jpg

ALBUM GERGOVIE - REMERCIEMENTS
 

Yann Deberge - INRAP - pour la visite et les explications  sur les sites de grand et petit camp, 

de Gergovie et de Gondole, ainsi que pour la documentation fournie.

Vincent Guichard - Directeur du musée de Bibracte - pour Gergovie  et Bibracte.

Peter Jud - CNRS - pour Gergovie.

Frédéric Trément - Université de Clermond Ferrand - pour la plaine de Sarlièves.

Guillaume Renoux - Université de Toulouse - archerie guerre des Gaules.

Philippe Fleury et Karim Sammour - Université de Caen - machines de siège romaines.

Franck David - Expert de la Fédération Française Equestre sur l'histoire des attelages dans l'antiquité.

Je suis un paragraphe. Cliquez ici pour ajouter votre propre texte et me modifier. C'est facile.

RAPPEL :

Rien ne dit que l'idée de ne pas brûler Avaricum, n'est pas stratégique, la ville n'est qu'à un où deux jours de marche de Noviodunum, trop peu pour affamer César. Avaricum brûlée, les Romains auraient atteint le pays des Eduens trop vite pour être affamés. Par contre fixer les légions plusieurs semaines devant la ville, alors que des renforts approchent, devaient permettre, pour les Gaulois, de battre facilement les légions affaiblies de César.

BELLO GALLICO, quelques extraits se rapportant à l'année - 52

 

A la fin de l’année 53 av. J.-C. « César ramena l’armée, diminuée de deux cohortes, à Durocortorum, capitale des Rèmes et, y ayant convoqué l’assemblée de la Gaule, il résolut de s’occuper de la conjuration des Sénons et des Carnutes. Acco, qui en avait été le chef, reçut sa sentence de mort et subit son supplice selon les anciens usages. Quelques autres prirent la fuite dans la crainte d’un jugement… César établit deux légions en quartiers d’hiver chez les Trévires, deux chez les Lingons, et les six autres sur les terres des Sénons, à Agedincum. Lorsqu’il eut pourvu aux subsistances de l’armée, il partit pour l’Italie, selon sa coutume, pour y tenir l’assemblée du pays ». (Bello Gallico, fin du liv VI)

« Les principaux de la Gaule s’assemblent dans des lieux écartés et dans les bois ; ils s’y plaignent de la mort d’Acco ; ils se disent qu’il peut leur en arriver autant ; ils déplorent le sort commun de la Gaule ; ils offrent toutes les récompenses à ceux qui commenceront la guerre et rendront la liberté à la Gaule au péril de leur vie. Tous conviennent que la première chose à faire, avant que leurs projets secrets éclatent, est d’empêcher César de rejoindre l’armée ; ce qui sera facile parce que, pendant son absence, les légions n’oseront pas sortir de leurs quartiers d’hiver, et que lui-même n’y pourra parvenir sans escorte... A la suite de cette discussion, les Carnutes déclarent qu’ils s’exposeront à tous les dangers pour la cause commune... Ce jour arrivé, les Carnutes, sous les ordres de Cotuatos et de Conconnetodumnos, hommes déterminés à tout, se jettent, à un signal donné, dans Cenabum (Orléans), massacrent les citoyens romains qui s’y trouvaient pour affaires de commerce, entre autres C. Fusius Cita, estimable chevalier romain, que César avait mis à la tête des vivres, et ils pillent tous leurs biens. La nouvelle en parvient bientôt à toutes les cités de la Gaule… En effet, la première veille n’était pas encore écoulée que les Arvernes savaient ce qui s’était passé à Cenabum au lever du soleil, c’est-à-dire à cent soixante milles environ de chez eux. » (Bello Gallico, liv VII, 1 à 3)

«… Un jeune Arverne très puissant, Vercingétorix, fils de Celtillos qui avait tenu le premier rang dans la Gaule et que sa cité avait fait mourir parce qu’il visait à la royauté, qui assemble ses clients et les échauffe sans peine. Dès que l’on connaît son dessein, on court aux armes ; son oncle Gobannitio, et les autres chefs qui ne jugeaient pas à propos de courir une pareille chance, le chassent de la ville de Gergovie. Cependant, il ne renonce pas à son projet, et lève dans la campagne un corps de vagabonds et de misérables. Suivi de cette troupe, il amène à ses vues tous ceux de la cité qu’il rencontre ; il les exhorte à prendre les armes pour la liberté commune. Ayant ainsi réuni de grandes forces, il expulse à son tour du pays les adversaires qui, peu de temps auparavant, l’avaient chassé lui-même. On lui donne le titre de roi et il envoie des députés réclamer partout l’exécution des promesses que l’on a faites. Bientôt, il entraîne les Sénons, les Parisii, les Pictons, les Cadurques, les Turons, les Aulerques, les Lémovices, les Andes et tous les autres peuples qui bordent l’océan : tous s’accordent à lui déférer le commandement. Revêtu de ce pouvoir, il exige des otages de toutes les cités, donne ordre qu’on lui amène promptement un certain nombre de soldats et décide ce que chaque cité doit fabriquer d’armes, et l’époque où elle les livrera. Surtout, il s’occupe de la cavalerie ; à l’activité la plus grande il joint la plus grande sévérité ; il détermine les incertains par l’énormité des châtiments... » (Bello Gallico, liv 7, 4)

« Cependant le Cadurque Luctérios, envoyé chez les Rutènes, les attire au parti des Arvernes, va de là chez les Nitiobroges et les Gabales qui lui donnent les uns et les autres des otages ; puis, à la tête d’une nombreuse armée, il marche pour envahir la Provincia du côté de Narbonne. À cette nouvelle, César crut devoir, préférablement à tout, partir pour cette province. » César est très bref sur ce début d’année 52 : « Il y arrive, rassure les peuples effrayés, établit des postes chez ceux des Rutènes qui dépendent de la Provincia, chez les Volques Arécomiques, chez les Tolosates et autour de Narbonne, voisins de l’ennemi. » (Bello Gallico, liv VII, 5)

« En même temps, il [César] donne ordre à une partie des troupes de la Provincia, et au renfort qu’il avait amené d’Italie, de se réunir chez les Helviens, limitrophes des Arvernes.» (liv VII-7) ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« César se rendit chez les Helviens, quoiqu’en cette saison, la plus rigoureuse de l’année, la neige encombrait les chemins des Cévennes, montagnes qui séparent les Helviens des Arvernes. Cependant, à force de travail, les soldats fendirent et écartèrent la neige épaisse de six pieds. César s’y fraya un chemin et parvint sur la frontière des Arvernes. Cette arrivée inattendue les frappa de stupeur, car ils se croyaient protégés par les Cévennes comme par un rempart et jamais, à cette époque de l’année, on n’avait vu personne, fût-ce un voyageur isolé, pouvoir en pratiquer les sentiers. Il ordonna à sa cavalerie d’étendre ses courses aussi loin qu’il lui serait possible, afin de causer aux ennemis un plus grand effroi. Rapidement, par la rumeur publique, par des messagers, Vercingétorix apprit ce qui se passait. Tous les Arvernes éperdus l’entourèrent et le conjurèrent de penser à leurs intérêts, de ne pas laisser ravager leurs propriétés, maintenant que toute la guerre s’était portée chez eux. Cédant à leurs prières, il leva le camp et quitta le pays des Bituriges pour se rendre chez les Arvernes. (liv 7-8) César ne s’arrêta dans le pays que deux jours, prévoyant le parti que prendrait Vercingétorix ; et il quitta l’armée sous le prétexte de rassembler des renforts et de la cavalerie, laissant le commandement des troupes au jeune Brutus." (Bello Gallico, liv VII, -9)

« Arrivé chez les Lingons, il dépêche des courriers aux autres légions, et les réunit toutes avant que les Arvernes puissent être instruits de sa marche ». ... À cette nouvelle, Vercingétorix ramène son armée chez les Bituriges et, de là, va mettre le siège devant Gorgobina, ville des Boïens… » (liv7-9)

« Le lendemain, étant arrivé à Vellaunodunum, ville des Sénons, et ne voulant pas laisser d’ennemi derrière lui pour que les vivres circulassent librement, il résolut d’en faire le siège, et en acheva la circonvallation en deux jours. Le troisième jour, la ville envoya des députés pour se rendre ; et il fut ordonné aux assiégés d’apporter leurs armes, de livrer leurs chevaux et de donner six cents otages. César laissa, pour faire exécuter le traité, le lieutenant C. Trébonius et, sans perdre de temps, il marcha sur Cenabum, ville des Carnutes, qui tout récemment instruits du siège de Vellaunodunum, et croyant qu’il durerait plus longtemps, rassemblaient des troupes qu’ils devaient envoyer au secours de la première ville. César y arriva le second jour et établit son camp devant la place ; mais l’approche de la nuit le força à remettre l’attaque au lendemain : il ordonna aux soldats de tenir prêt tout ce qu’il faut en pareil cas et, comme la ville de Cenabum avait un pont sur la Loire, dans la crainte que les habitants ne s’échappent la nuit, il fit veiller deux légions en armes. Un peu avant minuit, les assiégés sortirent en silence et commencèrent à passer le fleuve. César, averti par les éclaireurs, mit le feu aux portes, fit entrer les légions qui avaient reçu l’ordre d’être prêtes et s’empara de la place. Très peu d’ennemis s’échappèrent ; presque tous furent pris, parce que la faible largeur du pont et des issues arrêta la multitude dans sa fuite. César pilla et brûla la ville, abandonna le butin aux soldats, fit passer la Loire à l’armée et arriva sur le territoire des Bituriges.» (liv7-11)

"Vercingétorix, à la nouvelle de l’approche de César, leva le siège et partit au-devant de lui. César avait résolu d’assiéger Noviodunum, ville des Bituriges, placée sur sa route. Des députés en étaient sortis pour le prier de leur pardonner et de leur conserver la vie ; César… leur ordonna de lui apporter les armes, lui amener les chevaux, lui donner des otages. Une partie des otages avait déjà été livrée, et le reste du traité s’exécutait en présence des centurions et de quelques soldats qu’on avait introduits dans la place pour recueillir les armes et les chevaux, lorsqu’on aperçut au loin la cavalerie des ennemis qui précédait l’armée de Vercingétorix. Dès qu’ils l’aperçurent et qu’ils eurent l’espoir d’être secourus, les habitants poussèrent un cri et commencèrent à prendre les armes, à fermer les portes… Les centurions qui étaient dans la ville, comprenant aux mouvements des Gaulois qu’ils tramaient quelque nouveau dessein, s’emparèrent des portes l’épée à la main et se retirèrent sans perte, ainsi que tous leurs soldats. » (liv7-12)

« César fit sortir du camp sa cavalerie et engagea le combat avec celle des Gaulois. La nôtre commençant à plier, il la fit soutenir par environ six cents cavaliers germains qu’il s’était attachés depuis le commencement de la guerre. Les Gaulois ne purent soutenir le choc, prirent la fuite et se replièrent sur leur armée avec beaucoup de pertes. Cette déroute ayant jeté de nouveau la terreur dans la ville, les habitants saisirent ceux qu’ils crurent avoir excité le peuple, les amenèrent à César et se rendirent à lui. Cette affaire terminée, César marcha sur Avaricum (Bourges), la plus grande et la plus forte place des Bituriges » (liv7-13)

"Vercingétorix, après tant de revers essuyés successivement à Vellaunodunum, à Cénabum, à Noviodunum, convoque un conseil. (2) Il démontre "que cette guerre doit être conduite tout autrement qu'elle ne l'a été jusqu'alors ; qu'il faut employer tous les moyens pour couper aux Romains les vivres et le fourrage ; (3) que cela sera aisé, puisque l'on a beaucoup de cavalerie et qu'on est secondé par la saison ; (4) que, ne trouvant pas d'herbes à couper, les ennemis seront contraints de se disperser pour en chercher dans les maisons, et que la cavalerie pourra chaque jour les détruire ; (5) qu'enfin le salut commun doit faire oublier les intérêts particuliers ; qu'il faut incendier les bourgs et les maisons en tout sens depuis Boïe, aussi loin que l'ennemi peut s'étendre pour fourrager. (6) Pour eux, ils auront tout en abondance, étant secourus par les peuples sur le territoire desquels aura lieu la guerre ; (7) les Romains ne pourront soutenir la disette ou s'exposeront à de grands périls en sortant de leur camp ; (8) il importe peu de les tuer ou de leur enlever leurs bagages, dont la perte leur rend la guerre impossible. (9) Il faut aussi brûler les villes qui par leurs fortifications ou par leur position naturelle ne seraient pas à l'abri de tout danger, afin qu'elles ne servent ni d'asile aux Gaulois qui déserteraient leurs drapeaux, ni de but aux Romains qui voudraient y enlever des vivres et du butin..." (liv7-14)

« Cet avis étant unanimement approuvé, on brûla en un jour plus de vingt villes des Bituriges… De toutes parts on ne vit qu’incendies : ce spectacle causait une affliction profonde et universelle, mais on s’en consolait par l’espoir d’une victoire presque certaine, qui indemniserait promptement de tous les sacrifices. On délibéra dans l’assemblée générale s’il convenait de brûler ou de défendre Avaricum. Les Bituriges se jetèrent aux pieds des autres Gaulois : ‟ Qu’on ne les force pas à brûler de leurs mains la plus belle ville de presque toute la Gaule, le soutien et l’ornement de leur pays ; ils la défendront facilement, dirent-ils, vu sa position naturelle ; car presque entièrement entourée de rivières et d’un marais, elle n’offre qu’un accès d’une extrême étroitesse ”.  (liv7-15)

 

oppidum de Jastre
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En réalité le paragraphe ci dessus s'enchaine

avec celui ci-dessous.

Il y a ici, une omission (voulue ?) dans la narration.

soulevant la question, pourquoi César change t'il d'avis ?

« Vercingétorix suivit César à petites journées, et choisit pour son camp un lieu défendu par des marais et des bois, à seize mille pas d’Avaricum. Là, des éclaireurs fidèles l’instruisirent à chaque instant du jour de ce qui se passait dans Avaricum, et y transmirent ses volontés. Tous nos mouvements pour chercher des grains et des fourrages furent épiés ; et si nos soldats se dispersaient ou s’éloignaient trop du camp, il les attaqua et leur fit beaucoup de mal, quoiqu’on prît toutes les précautions possibles pour sortir à des heures incertaines et par des chemins différents.» (liv7-16)

« Déjà les tours [de siège] approchaient du rempart quand des prisonniers apprirent à César que Vercingétorix, après avoir consommé ses fourrages, avait rapproché son camp d’Avaricum, et qu’avec sa cavalerie et son infanterie légère habituée à combattre entre les chevaux, il était parti lui-même pour dresser une embuscade à l’endroit où il pensait que nos fourrageurs iraient le lendemain. D’après ces renseignements, César partit en silence au milieu de la nuit, et arriva le matin près du camp des ennemis. Ceux-ci, promptement avertis de son approche par leurs éclaireurs, cachèrent leurs chariots et leurs bagages dans l’épaisseur des forêts, et mirent toutes leurs forces en bataille sur un lieu élevé et découvert. César, à cette nouvelle, ordonna de déposer les sacs et de préparer les armes.» Là, l’affaire semble engagée. César poursuit : « La colline était en pente douce depuis sa base ; un marais large au plus de cinquante pieds l’entourait presque de tous côtés et en rendait l’accès difficile et dangereux. Les Gaulois, après avoir rompu les ponts, se tenaient sur cette colline, pleins de confiance dans leur position, et rangés par familles et par cités, ils avaient placé des gardes à tous les gués et au détour du marais et étaient disposés, si les Romains tentaient de le franchir, à profiter de l’élévation de leur poste pour les accabler au passage. À ne voir que la proximité des deux armées, on aurait cru l’ennemi animé d’une ardeur presque égale à la nôtre ; à considérer l’inégalité des positions, on se rendait compte que ses démonstrations n’étaient qu’une vaine parade. Indignés qu’à si peu de distance il pût soutenir leur vue,

 

 

 

 

nos soldats demandaient le signal du combat ; César leur expliqua ‟par combien de sacrifices, par la mort de combien de braves, il faudrait acheter la victoire ; il serait le plus coupable des hommes si, disposés comme ils le sont à tout braver pour sa gloire, leur vie ne lui était pas plus chère que la sienne.” Après les avoir ainsi calmés, il les ramena le même jour au camp, voulant achever tous les préparatifs qui concernaient le siège.»  (liv7-19)

Quoique l'on rencontrât tous ces obstacles, et que le froid et les pluies continuelles retardassent constamment les travaux, le soldat, s'y livrant sans relâche ; surmonta tout, et en vingt-cinq jours, il éleva un terrasse large de trois cent trente pieds, et haute de quatre-vingts.  Déjà elle touchait presque au mur de la ville, et César qui, suivant sa coutume, passait la nuit dans les ouvrages, exhortait les soldats à ne pas interrompre au seul instant leur travail, quand un peu avant la troisième veille, on vit de la fumée sortir de la terrasse, à laquelle les ennemis avaient mis le feu par une mine. Dans le même instant, aux cris qui s'élevèrent le long du rempart, les Barbares firent une sortie par deux portes, des deux côtés des tours. Du haut des murailles, les uns lançaient sur la terrasse des torches et du bois sec, d'autres y versaient de la poix et des matières propres à rendre le feu plus actif, en sorte qu'on pouvait à peine savoir où se porter et à quoi remédier d'abord.  Cependant, comme César avait ordonné que deux légions fussent toujours sous les armes en avant du camp, et que plusieurs autres étaient dans les ouvrages, où elles se relevaient à des heures fixes, on put bientôt, d'une part, faire face aux sorties, de l'autre retirer les tours et couper la terrasse pour arrêter le feu ; enfin toute l'armée accourut du camp pour l'éteindre  (liv7-24)

Le lendemain, tandis que César faisait avancer une tour, et dirigeait les ouvrages qu'il avait projetés, il survint une pluie abondante. Il croit que ce temps favoriserait une attaque soudaine, et remarquant que la garde se faisait un peu plus négligemment sur les remparts, il ordonne aux siens de ralentir leur travail, et leur fait connaître ses intentions. (2) II exhorte les légions qu'il tenait toutes prêtes derrière les mantelets à recueillir enfin dans la victoire le prix de tant de fatigues ; il promet des récompenses aux premiers qui escaladeront la muraille, et donne le signal. (3) Ils s'élancent aussitôt de tous les côtés et couvrent bientôt le rempart.  (liv7-27)

...Animés par le carnage de Genabum, et par les fatigues du siège, les soldats n'épargnèrent ni les vieillards, ni les femmes, ni les enfants. (5) Enfin de toute cette multitude qui se montait à environ quarante mille individus, à peine en arriva-t-il sans blessures auprès de Vercingétorix, huit cents qui s'étaient, au premier cri, jetés hors de la ville. (6) II les recueillit au milieu de la nuit en silence ; car il craignait, s'ils arrivaient tous ensemble, que la pitié n'excitât quelque sédition dans le camp ; et, à cet effet, il avait eu soin de disposer au loin sur la route ses amis et les principaux chefs des cités pour les séparer et les conduire chacun dans la partie du camp qui, dès le principe, avait été affectée à leur nation. (liv7-27)

 

...César demeura encore plusieurs jours dans Avaricum, où il trouva beaucoup de blé et d'autres vivres, et où l'armée se remit de ses fatigues. (2) L'hiver étant à sa fin, et la saison même l'appelant en campagne, il avait résolu de marcher à l'ennemi, soit pour l'attirer hors de ses marais et de ses bois, soit pour l'y assiéger, lorsque les principaux des Héduens vinrent en députation auprès de lui, pour le prier d'accorder son secours à leur cité dans une circonstance extrêmement urgente. ((liv7-32)

D'autres extraits § 17 et 22 du Bello Gallico

ont été présentés

auparavant dans l'encadré Avaricum

Petite divergence entre le texte de Plutarque et celui de Suetone quant à la provenance de la troisième légion recrutée

(Gaule transalpine où Ciscalpine ?)

De son côté César évoque des renforts amenés d'Italie (BG liv. VII,7)

Petite divergence entre le texte de Plutarque et celui de Suetone quant à la provenance de la troisième légion recrutée

(Gaule transalpine où Ciscalpine ?)

De son côté César évoque des renforts amenés d'Italie (BG liv. VII,7)

J

AUTRES TEXTES ANTIQUES

SUETONE, 

Né à vers 70, mort vers 122.

Haut fonctionnaire romain, membre de l'ordre équestre, auteur de nombreux ouvrages

dont les Vies des douze Césars qui rassemblent les biographies de Jules César à Domitien

Vies des douze César, liv. 1 César

Liv I, 24. Il oblige Crassus et Pompée à demander le consulat dans son intérêt. Sa conduite coupable en Gaule.

1) Mais Lucius Domitius, qui aspirait au consulat, s'étant vanté publiquement d'accomplir comme consul ce qu'il n'avait pu faire comme préteur, et de priver César de son commandement, celui-ci fit venir Crassus et Pompée à Lucques, ville de sa province, et les décida à briguer un second consulat, pour en écarter Domitius, et il obtint grâce à leur double intervention que son commandement soit prorogé pour cinq ans.

(2) Rassuré de ce côté, il ajouta d'autres légions à celles qu'il avait reçues de la république, et il les entretint à ses frais. Il en forma même, dans la Gaule Transalpine, une dernière, à laquelle il fit prendre le nom gaulois d'Alauda, qu'il sut former à la discipline des Romains, qu'il arma et habilla comme eux, et que, dans la suite, il gratifia tout entière du droit de cité.

(3) Il ne laissa désormais aucune occasion de faire la guerre, fût-ce une guerre injuste et périlleuse: il attaqua indistinctement et les peuples alliés et les nations ennemies ou sauvages. À tel point que sa conduite fit prendre, un jour, au sénat la résolution d'envoyer des commissaires dans les Gaules, pour informer sur l'état de cette province; quelques sénateurs proposèrent même de le livrer aux ennemis. Mais le succès de ses entreprises lui fit, au contraire, décerner de solennelles actions de grâces, plus longues et plus fréquentes qu'à aucun autre avant lui.
 

DION CASSIUS,

Né à Nicée (nord de l'Asie Mineure) vers 155, mort vers 235.

Dion Cassius est issu d'une famille sénatoriale , grâce à ce statut, Dion Cassius profita de nombreux voyages à Rome et en Italie 

C'est donc un auteur tardif.

 

liv.XL, Nouveaux troubles dans la Gaule; les Arvernes se révoltent et s'emparent d'Avaricum

An de Rome 701

33. Sur ces entrefaites, de nouveaux troubles éclatè rent chez les Gaulois. Les Arvernes se révoltèrent sous la conduite de Vercingétorix, et massacrèrent tous les Romains qu'ils trouvèrent dans les villes et dans les campagnes. Ils pénétrèrent ensuite chez les alliés des Romains montrèrent des dispositions amicales pour ceux qui s'associèrent à leur défection et maltraitèrent les autres. A cette nouvelle, César revint dans la Gaule où il apprit que les Arvernes avaient envahi les terres des Bituriges n'ayant pu les secourir, parce que toute son armée n'était pas encore auprès de lui, il se jeta sur le pays de. Arvernes et les força de rentrer dans leurs foyers ; mais ne croyant pas avoir assez de forces pour les combattre il s'éloigna avant leur retour.

Avaricum tombe au pouvoir des Romains

34. Alors les Arvernes firent une nouvelle incursion chez les Bituriges, s'emparèrent de la ville d'Avaricum et s'y soutinrent longtemps. Plus tard ils furent assiégés par les Romains ; mais cette place, entourée d'un côté par des marais difficiles à traverser, et de l'autre par un fleuve rapide, était presque inaccessible. Les barbares, d'ailleurs très-nombreux, repoussèrent sans peine les assaillants et leur causèrent souvent de grandes pertes par des excursions. Enfin ils incendièrent tous les lieux d'alentour, non-seulement les campagnes et les bourgs, mais encore les villes qui leur semblaient pouvoir être de quelque secours aux Romains. Si leurs alliés des pays éloignés leur envoyaient des vivres, les Arvernes s'en emparaient, et les Romains, qui paraissaient être les assiégeants, avaient à souffrir les maux qui d'ordinaire pèsent sur les assiégés. Au moment où ils pressaient vivement la ville, survint une pluie abondante, accompagnée d'un vent violent (on était presque en hiver) et qui les ramena sous leurs tentes, en même temps qu'elle contraignit les Gaulois à rentrer dans leurs maisons. Aussitôt qu'ils se furent éloignés, les Romains attaquèrent de nouveau à l'improviste les remparts, pendant qu'ils étaient dépourvus de défenseurs, prirent d'assaut une tour, avant que l'ennemi se doutât de leur présence, s'emparèrent sans peine du reste de la ville, la pillèrent tout entière et passèrent les habitants au fil de l'épée, pour se venger de la longueur du siège et des maux qu'ils avaient endurés.

PLUTARQUE

Grec, né vers 46, acquiert la citoyenneté romaine vers 92, mort vers 125.

Vie de César -Traduction D. Ricard (1830).

25. Cette victoire éteignit tous les soulèvements des Gaulois dans ces quartiers-là ; César, pour en prévenir de nouveaux, se portait avec promptitude partout où il voyait quelque mouvement à craindre. Pour remplacer les légions qu'il avait perdues, il lui en était venu trois d'Italie, dont deux lui avaient été prêtées par Pompée, et la troisième venait d'être levée dans la Gaule aux environs du Pô. Cependant on vit tout à coup se développer, au fond de la Gaule, des semences de révolte, que les chefs les plus puissants avaient depuis longtemps répandues en secret parmi les peuples les plus belliqueux, et qui donnèrent naissance à la plus grande et à la plus dangereuse guerre qui eût encore eu lieu dans ces contrées. Tout se réunissait pour la rendre terrible : une jeunesse aussi nombreuse que brillante, une immense quantité d'armes rassemblées de toutes parts, les fonds énormes qu'ils avaient faits, les places fortes dont ils s'étaient assurés, les lieux presque inaccessibles dont ils avaient faits leurs retraites : on était d'ailleurs dans le fort de l'hiver ; les rivières étaient glacées, les forêts couvertes de neige ; les campagnes inondées étaient comme des torrents ; les chemins, ou ensevelis sous des monceaux de neige, ou couverts de marais et d'eaux débordées, étaient impossibles à reconnaître. Tant de difficultés faisaient croire aux Gaulois que César ne pourrait les attaquer. Entre les nations révoltées, les plus considérables étaient les Arvernes et les Carnutes, qui avaient investi de tout le pouvoir militaire Vercingétorix, dont les Gaulois avaient massacré le père parce qu'ils le soupçonnaient d'aspirer à la tyrannie.

26.  Ce général, après avoir divisé son armée en plusieurs corps, et établi plusieurs commandants à leur tête, fit entrer dans cette ligue tous les peuples des environs, jusqu'à la Saône ; il pensait à faire prendre subitement les armes à toute la Gaule, pendant qu'à Rome on préparait un soulèvement général contre César. Si le chef des Gaulois eût différé son entreprise, jusqu'à ce que César eût eu sur les bras la guerre civile, il n'eût pas causé à l'Italie entière moins de terreur qu'autrefois les Cimbres et les Teutons. César, qui tirait parti de tous les avantages que la guerre peut offrir, et qui surtout savait profiter du temps, n'eut pas plutôt appris cette révolte générale qu'il partit sans perdre un instant ; et reprenant les mêmes chemins qu'il avait déjà tenus, il fit voir aux Barbares, par la célérité de sa marche dans un hiver si rigoureux, qu'ils allaient avoir affaire à une armée invincible, à laquelle rien ne pouvait résister. Il eût paru incroyable qu'un simple courrier fût venu en un temps beaucoup plus long du lieu d'où il était parti, et ils le voyaient, arrivé en peu de jours avec toute son armée, piller et ravager leur pays, détruire leurs places fortes, et recevoir ceux qui venaient se rendre à lui ...