FRÉTEVAL,

la bataille entre Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste... 

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C'est pendant les croisades qu'éclate au grand jour la rivalité entre Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion. Le roi de France, prétextant une maladie rentre prématurément dans son pays.

Très vite, il annexe des territoires sur les frontères de la Normandie et de l'anjou, aidé en cela

par Jean sans Terre ... Cependant Richard rentre à son tour en Europe quand une tempête drosse son navire sur les côtes italiennes. Il doit traverser l'Autriche alors qu'il a humilié, à Saint Jean d'Acre, le duc d'Autriche Léopold. Capturé Richard est capturé par Léopold qui le remet bientôt à l'empereur d'Allemagne... Dans l'ombre Philippe Auguste fait tout pour que son ancien ami son compagnon de croisade reste en geôle... 

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Bataille de Fréteval, Cœur de Lion

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aller à l' album correspondant.

Richard Cœur de Lion


 

Alors qu'il rentrait de Croisades, Richard coeur de Lion est capturé en Autriche et emprisonné en Allemagne.

Revivez par la vidéo, les conditions de sa libération.

 

Le Coeur de lion
Du cachot à la reconquête


1192 - juin 1194


Film de 10mn 30.

Plus de

2000 vues 

Nos Vidéos :

Que s'est 'il passé juste avant cet événement, pendant la croisade

29 Philippe_Auguste_dispute_Richard_Coeu

Pour en savoir plus consulter le site Monts de Chalus - terre d'Histoire

Cliquer sur l'icone ci-dessus

A noter que cette vidéo commence sur une musique composée par Richard Coeur de lion 

Dès sa libération, Richard Coeur de Lion est confronté
à Philippe Auguste....


Revivez par la vidéo, les conditions de son écrasante victoire sur Philippe Auguste.

L'issue de cette bataille donna naissance 
aux Archives Nationales,
au Trésor Public
et à la fonction de Garde des Sceaux.

 

Le Coeur de lion

Fréteval

mai 1194 - juillet 1194


Film de 14 mn 45.

Près de

5600 vues 

la bataille de Fréteval
Fréteval_archéo

Fréteval

Les dessous d'une BD Historique

Film de 10 mn.


Reconstitution des sites, fonctionnement des machines de Guerre, costumes.
 Techniques de la BD : croquis du scénariste, crayonnés, aquarelle, lettrage. 

Revivez par quelque exemples
la création de la BD Coeur de Lion - Fréteval.

C'est aussi l'occasion pour remercier toutes les personnes qui de près ou de loin ont apporté un élément pour permettre 
à cet ouvrage d'exister.

Bien voir le générique de début pour les exemples de sites qui n'ont pu être développés

La bataille de Fréteval  (Pierre Liger et Eriamel)

a) Contexte

Richard d’Angleterre est libéré depuis peu. Auparavant, il avait été fait prisonnier d’incroyable façon, après un naufrage en Méditerranée, pendant son retour de croisades. Il croupissait dans les geôles d’Allemagne depuis décembre 1192. Philippe, son « suzerain », voyait là l’occasion de faire main basse sur la Normandie. Seulement, c’était sans compter sur la noblesse allemande qui, faisant pression sur l’empereur Henri VI, fit libérer le monarque anglo-normand en février 1194…


Philippe est informé de la libération prochaine du roi d’Angleterre, duc de Normandie et d’Aquitaine, comte d’Anjou. En échange d’un soutien à Jean sans Terre, frère de Richard, il obtient de celui-ci ce qu’il souhaite : tantôt une aide pour prendre des places fortes, comme sur dans la vallée de L’Epte, en avril 1193, tantôt par traités.

Richard Cœur de lion face à L'empereur Henri le cruel lors de son procès à Haguenau.LionfretP04_ext_D.jpg

A Haguenau, Richard se découvre des dons politiques en utilisant les Barons qui assistent au procès. Il en retourne une majorité aidé par Othon. L'empereur Henri se trouve dans l'obligation de le libérer contre rançon.

Alienor d'Aquitaine rassemble la rançon pour libérer son fils Richard.
Richard Cœur de Lion et Othon de Brunswick.

Lors des son procès, Richard Coeur de lion bénificiera du soutien de son neveu Othon,  fils de Henri le Lion, duc de Bavière et de Saxe, et de son épouse Mathilde d'Angleterre, fille de Henri II...

Tous les Plantagenets sont concernés, Alienor d'Aquitaine se chargera de réunir la rançon et de la porter à l'empereur du Saint empire germanique. 

Dessins et aquarelle de 

Juliette Derenne.

Extraits de l'album BD

Coeur de Lion - Fréteval

situation_politique_1193_carte des états entre Richard cœur de Lion et Philippe Auguste

Cependant en 1193, tout n'a pas été aussi simple que cela. Si le gouverneur de Gisors s’est vite rendu aux prétentions du roi de France , il n'en a pas été de même devant Rouen, où Philippe reçoit un sérieux échec.

les conquêtes de Philippe Auguste en avril 11933_avril-juin_sécur

Les conquêtes "militaires" en 1193 de Philippe qui, accompagné de Jean sans Terre, se fait remettre des forteresses.

Terres accordées par Jean sans terre à Philippe Auguste par traité en janvier 1194.

Les concessions de Jean sans Terre à Philippe entre avril 1193 et Janvier 1194. 

Concessions parfois théoriques, de nombreux gouverneurs refusant d'obéir au prince Jean.

C’est ainsi qu’en janvier 1194, par traité signé à Paris, Jean lui donne une partie de la Normandie – dont les forteresses d’Ivry, de Verneuil et du Vaudreuil –, la ville de Tours, les fiefs de Montrichard, d’Amboise, de Montbazon, ainsi que le château de Loches. Il donne également à son neveu Louis (qui est également neveu de Philippe) les forteresses de Trôo, La Châtre, et les fiefs de Vendôme et de Fréteval. Non seulement, Jean donne ce qu’il ne contrôle pas mais, en plus, il aide de nouveau Philippe en participant, un mois plus tard, à la prise des cités d’Évreux, du Vaudreuil et du Neubourg. Deux mois après, Philippe – qui a appris la libération de Richard – lui confie la garnison royale d’Evreux pour marcher sur Verneuil…

Entre temps, Richard débarque et arrive promptement au secours de Verneuil. C’est alors que Jean met soudainement fin à son alliance avec Philippe pour se rallier à son frère. Si ce retournement de situation semble inattendu, il peut être mis en lien avec la cyclothymie dont il est atteint (un trouble de l’humeur aux effets quelque peu imprévisibles). Il fait décapiter la garnison royale de Philippe, ordonne à ses hommes de défendre le château de la cité et part sur le champ à Lisieux implorer le royal pardon de son frère.

Les 28 et 30 mai, Philippe essuie un revers important. On ne sait pas exactement où il se replie. Néanmoins, on suppose que le roi de France, qui ne sait pas comment va se comporter son adversaire, évite Evreux: il sait la population hostile et ne connaît

Traité entre Philippe Auguste et Jean sans Terre

Janvier 1194.

Jean sans Terre et Philippe Auguste
Traité entre Philippe Auguste et Jean sans Terre

Pour découvrir le texte du traité entre Philippe Auguste 

et Jean sans Terre cliquer

sur la miniature ci-contre.

pas la nature de la garnison laissée par Jean dans la cité. Ainsi, nous pensons qu’il se rabat sur Etampes ou Le Vaudreuil, et qu’il cherche à gagner du temps.Au même moment, Richard fonce vers le sud. Il sait que Tours s’est ralliée à Philippe qui a laissé une garnison royale à Loches. Mais, à part cela, le traité qui concerne Trôo, Vendôme et Fréteval n’a pas eu le temps d’être appliqué.

Philippe ne pense qu’à se venger. Et pour cela, il est prêt à tout. Aussi, il fait demander une trêve et, tandis que ses adversaires ne l’attendent pas, il s’attaque au misérable châtelet de Fontaines, aujourd’hui Fontaine-le-Bourg.

« Le roi de France se présenta devant un petit château, appelé Fontaine, et il l’assiégea. Après avoir travaillé au siège pendant quatre jours, plus que ce qu’il n’était possible de concevoir, il finit par le prendre. » - Roger de Hoveden.

S’il met un temps infini à prendre cet édifice de second ordre, la chance finit cependant par lui sourire. En effet, alors qu’il se replie (sans doute vers Gisors), il fait prisonnier Robert, comte de Leceister, de Beaumont et de Pacy, qui se repose dans un bois. Une aubaine pour lui, Robert de Leceister est en effet celui qui l'a tenu en échec devant Rouen, quelques mois plus tôt. Philippe, après s’être rendu à Étampes – où il enferme son prisonnier –, découvrant que Richard n’est pas à Évreux, met la ville à sac.

La mi-juin est déjà passée quand Philippe comprend sa bévue. La
trêve qu’il a réclamée, c’est Richard qui en a profité : il est descendu
vers le sud et s’attache à retrouver l’intégralité de ses terres. Après
avoir redonné de l’espoir ici et là aux barons qu’il visite – leur laissant
sans doute au passage quelques hommes – celui-ci marche pour reprendre Loches par la force et Tours en douceur, de la même manière que Philippe a pris la ville.
S’il est fin politique, le roi de France est moins bon tacticien militaire
que son adversaire. Qui plus est, il a pris du retard sur ce dernier. Philippe, à marche forcée, se dirige vers ce qui peut être encore sauvé. Il avance avec l’aide que lui apporte son neveu Louis, qui lui offre des étapes sûres. Mais il lui faut faire vite : qui sait de quoi demain sera fait ? En effet, il sait que Louis de Blois est susceptible de changer d’avis : il est le neveu du roi Richard et sa famille ancestrale a toujours soutenu les Anglo-Normands. En outre, sa lignée n’a-t-elle pas un temps possédé elle-même la couronne d’Angleterre ?

La forteresse de Neaufles sur les bords de l'Epte, frontière historique entre la Normandie et la France. (photo Eriamel)

Philippe veut prendre Fréteval, Vendôme et Trôo qu’il remettra à son vassal de neveu, suivant les termes du traité signé avec Jean. Le 19 juin, Philippe pille Evreux. Dix jours après, et cent cinquante kilomètres plus loin, le voilà devant son premier objectif : la forteresse de Fréteval, car il est déjà trop tard pour Loches, reprise par Richard. (voir encadré en fin de page)

Arrivant de Châteaudun, Philippe Auguste prend la forteresse de Fréteval et poursuit sa route vers Vendôme.

Richard est sur son terrain, les seigneurs sont heureux de sa libération. Eux qui ne se voyaient pas sous le contrôle du prince Jean, ni envahis par un roi expansionniste, reprennent des couleurs. Richard possède des espions et est tenu, jour après jour, de l’avancée de Philippe. Il peut attendre, ayant fait sa jonction avec l’armée de son plus fidèle capitaine, Mercadier, qui tenait l’Aquitaine sous sa botte pendant qu’il était aux croisades. Ne connaissant pas encore l’objectif de Philippe, il répartit probablement ses hommes entre Tours et Trôo (une butte de Marcadet, trace d’une motte castrale, existe encore actuellement au nord de la cité) et laisse vraisemblablement son plus gros effectif en Touraine comme leurre. Ses hommes sont également au repos depuis quelques jours…

Il apprend, aux alentours du 27 juin, que Philippe longe le Loir. Il n’a pas le temps de rabattre le contingent laissé à Tours vers Fréteval pour sauver la forteresse. Néanmoins, il prévient rapidement Nivelon – le seigneur de ce château – qui s’enfuit avant l’arrivée de Philippe. La place est enlevée par le roi de France qui, sans laisser de repos aux hommes, se dirige immédiatement vers Vendôme.

« Le roi de France entra aux confins de la Touraine et fixa ses tentes près de Vendôme, mais, ayant appris que le roi d’Angleterre arrivait à l’improviste, il replia ses tentes de grand matin et regagna Fréteval en toute hâte » - Raoul de Dicet

Le texte laconique de Raoul de Dicet donne le ton. Que s'est il passé entre son arrivée conquérante sur Vendôme et son rapide repli.

b) La bataille  

Alors que les Français commencent à organiser le siège de la cité, Richard Coeur de Lion – que Philippe croit en Touraine – fait connaître sa présence proche (à moins d’une lieue) dans la plaine de Courtiras…
Très vite, les deux souverains s’envoient des messages. Ce désir de vaincre l’autre « de ses propres mains » semble prendre corps en cette fin de journée du 4 juillet 1194. « Celui-ci lui avait fait dire ce jour-là, qu’il lui rendrait visite avec un groupe hostile. Le roi de l’Angleterre recevant joyeusement son message, lui renvoya un mot disant qu’il l’attendrait, que si celui-ci ne devait pas venir, c’est lui qui lui payerai une visite sur le matin suivant. » - Roger de Hoveden.

Richard Coeur de Lion avec Mercadier

dans son camp à Courtiras

la plaine de Courtiras et les camps de Richard Coeur de Lion et Philippe Auguste

C'est presque "pleine lune", le 3 juillet 1194

La lune est totalement éclairée sauf une zone d'ombre à gauche de l'astre.

Voilà que le ton du roi d’Angleterre contraint le roi de France à un
duel d’homme à homme plutôt qu’à un combat de guerriers. Philippe Auguste comprend que sa situation devient critique. Il se sait moins bon stratège que son rival et sa position du moment est extrêmement dangereuse : en effet, une garnison anglo-angevine lui fait face, tandis que l’armée de Richard est dans son dos. Philippe préfère la prudence.
Un combat serait inévitable s’il maintenait le siège. Or, il n’est
pas question de prendre le risque de provoquer l’adversaire dont le campement possède l’avantage d’être implanté en milieu de la plaine, entre la rivière du Loir et le coteau de Montrieux, ceci excluant toute tentative par surprise. C’est jour de pleine lune (vérifié) : pas besoin de torches pour éclairer son armée. Il décide ainsi de lever le camp dans la plus grande discrétion. Regagner Châteaudun serait l’idéal, cependant la place forte est trop loin… Un Repli sur Fréteval s’impose donc, mais toute la réussite dépend du secret de celui-ci.

Alors qu'il assiège le château de Vendôme, Philippe Auguste reçoit un messager de Richard Coeur de Lion

Alors qu'il assiège le château de Vendôme, Philippe Auguste reçoit un messager de Richard Coeur de Lion

Pourquoi la pleine lune est importante ici.

Son armée devant se déplacer au fond d'une vallée (cuvette) , il sera plus aisé de fuir un jour de pleine lune, sans torche pour être repéré, avec une lune éclairant à 200 m mais pas suffisamment pour être visible à quelques kilomètres.

Richard a des oreilles partout et l’information lui parvient très vite. Lui aussi va bénéficier de la pleine lune…
L’armée royale de Philippe commence à longer la rivière du Loir par
sa rive gauche. Il s’agit d’un convoi alourdi de chariots qui s’étire sur plusieurs kilomètres de long, car le chemin de Vendôme à Fréteval est étroit. On peut estimer la vitesse d’une armée avec piétons et chariots lourds. En effet, pour parvenir à marche forcée à Fréteval – et partant d’Évreux – Philippe a mis dix jours pour parcourir cent cinquante kilomètres ; soit quinze kilomètres par étape, faite de jour, avec des hommes qui se reposaient la nuit. Ici, se sont les mêmes hommes qui battent la semelle depuis maintenant vingt jours. Les organismes sont fatigués et il fait nuit. Compte tenu de ces éléments, le roi et son avantgarde n’arriveront pas à destination avant la fin de matinée.

Mercadier est dès ce moment-là, au côté du roi Richard. D'une part parce que la jonction entre les deux hommes s'est faites à Loches, d'autre part parce que Mercadier était sans doute à Troo quand Philippe est arrivé devant Vendôme. Une "butte de Marcadet" existant encore à Troo.

Deux kilomètres après leur départ, la tête du cortège français traverse un premier gué, celui du ruisseau de la Houzée. A ce moment-là, tous les chariots n’ont pas encore quitté Vendôme. Philippe et son état-major, qui supervisent la levée du camp, ne sont peut-être même pas encore partis.
Le temps s’égrène… si les premiers cavaliers et piétons franchissent rapidement la rivière, que se passera-t-il au-delà d’un certain nombre de chariots ?
La situation du côté du roi d’Angleterre est plus simple : ses hommes 
sont reposés. Ils sont en effet dans la région entre Trôo et Tours depuis plus de deux semaines. Richard prend avec lui une troupe d’élites, cavaliers légers, archers et arbalétriers, et s’entoure de deux précieux collaborateurs : Nivelon – seigneur de Fréteval –, et Mercadier, son fidèle capitaine dont la réputation n’est plus à faire. On peut même penser que Guillaume le Maréchal est aussi impliqué dans les préparatifs de cet affrontement. Richard, quant à lui, suit la rive droite du Loir, prenant le chemin de Tours à Chartres.

gué du châtel de l'Isle

Gué du Châtel de L'Isle.

(Photo Eriamel)

Vers deux heures du matin, les cavaliers arrivent non loin d’un chemin qui mène sur un gué du Loir et au Châtel de l’Isle. D’après les connaissances du terrain données par Nivelon, Richard s’organise : il donne ordre à Mercadier de refermer la nasse sur l’ost de France depuis cet endroit. En voyant les lieux puis la carte, il était évident que l’étau se fermerait à partir de là. En effet, le chemin devient étroit sur l’autre rive (avec, à sa gauche, le Loir et ses marais; à sa droite, une déclivité). Par ailleurs, à sept cents
mètres du carrefour, un petit vallon peut permettre à une modeste armée de se cacher. (L’idée même que se serait Mercadier qui serait là nous paraissait alléchante, un fait que nous évoquerons plus loin nous confirmera cette option.) Richard, quant à lui, poursuit sa route.

Vers deux heures trente, Richard, Nivelon et leur cavalerie légère, franchissent le gué de Pezou et débouchent dans la plaine de Lignières. C’est ici que les Anglo-Normands porteront l’estocade. Pendant qu’il répartit ses hommes sur la plaine, dans les fractures du coteau et en bordure du Loir,
 

Richard confie à Nivelon – qui connaît bien cet endroit (on est à moins de cinq kilomètres de la forteresse de Fréteval) – la sécurisation du piège qu’il compte refermer sur le roi de France. Nul ne doit pouvoir en échapper : il lui faut mettre la main sur Philippe qui a tout fait pour le mainteniren geôle en Allemagne et qui l’a spolié. Nivelon remonte sur quelques centaines de mètres le chemin d’où débouchera l’ost français, et installe ses hommes dans le village de Beaufou et dans le Ravin des Caves (le ravin basculant dans sa partie haute vers la forêt bordant la plaine de Lignières).La plaine de Lignières n’a pas été choisie par hasard. Entourée de forêt, elle est hors de la vue de la garnison française laissée à Fréteval. De plus, elle est assez large pour permettre à une cavalerie de charger, et suffisamment en pente pour que des arbalétriers couchés puissent êtrecachés de la vue des cavaliers qui passent en longeant le Loir. Il n’y a plus qu’à attendre. Les cavaliers ont trois bonnes heures de repos, les hommes de pied près d’une heure et demie.

Revenons à Philippe. Ce n’est pas un seul gué que son convoi doit franchir. En effet, après la Houzée, vient le Réveillon. Or, plus le temps passe, plus le convoi s’allonge : il faut que les hommes s’entraident pour sortir les chariots des gués aux rives boueuses. Le roi de France s’énerve et, dès qu’il le peut, longe le convoi et houspille ses hommes. 
Sans doute excédé, il évoque le besoin de se reposer à son entourage. Un chevalier de Louis – comte de Blois – lui indique alors le Châtel de l’Isle. Ainsi, le Roi de France prend à son tour, mais en sens inverse, le chemin suivi par Mercadier près d’une heure et demie auparavant. Il est environ trois heures et demie quand il peut enfin se reposer.
le convoi français quand à lui poursuit sa lente avancée dans le chemin de Vendôme à Fréteval, entre la colline et les marécages.

L'armée de Philippe Auguste engluée dans les gués près de Fréteval

Au petit matin, les premiers hommes de Philippe passent à proximité du village de Beaufou et débouchent dans la plaine. Les Anglo-Normands laissent passer leurs adversaires car la plaine de Lignières est longue (elle s’étend sur près de trois kilomètres). Aussi, vu la longueur
du convoi français, ils préfèrent attendre encore une bonne heure avant de déclencher l’assaut : ils veulent en effet être sûrs que les troupes ennemies soient bien engagées dans le goulet qui précède cette plaine.

Vers cinq heures et demie, peut-être un peu plus, c’est le choc. Toute l’armée française est prise au piège. Dans la plaine de Lignières, les premiers carreaux d’arbalètes volent. C’est la débandade. Les Français qui n’ont pas encore débouché dans la plaine ne peuvent pas rebrousser chemin facilement : il reste encore des chariots qui sont immobilisés. Certains essayent de se dégager en remontant vers Beaufou. Les quelques rescapés s’en souvinrent car Guillaume le Breton écrivit : « Pendant que le roi Philippe faisait route par le territoire du comte de Blois, le même roi Richard lui dressa des embûches dans un lieu appelé Belfou, s’empara des bagages du roi avec l’argent et différents meubles, et lui fit éprouver de grandes pertes, car il lui enleva son seing et les livres des comptes du fisc. » (La localisation du village aujourd’hui disparu de Beaufou a été effectuée et publiée dans le bulletin de la Société Archéologique du Vendômois en 1864).

D'autres informations sont indiquées dans le cahier pédagogique de l'album Bd "Le Coeur de Lion - Fréteval"

Riccardo Cuor di Leone